Pumptrack et marchés publics : comprendre les enjeux de la conception- réalisation

Comme nous l’expliquions dans notre article consacré au sourcing, la réussite d’un projet de pumptrack dépend avant tout de la bonne définition du besoin.

Une fois cette étape réalisée, les collectivités doivent choisir le mode de consultation le plus adapté à leur projet. Faut-il dissocier la conception et les travaux ? Faut-il envisager un marché de conception-réalisation ? Existe-t-il une réponse universelle à ces questions ?

Chez HTracks, nous pensons que ce sujet mérite une approche technique, pragmatique et nuancée.

Un équipement devenu bien plus qu’une simple infrastructure sportive

Depuis plusieurs années, les collectivités s’équipent de pumptracks afin de répondre aux attentes croissantes des habitants en matière de sport, de mobilité active et d’espaces de loisirs.

Le pumptrack est aujourd’hui utilisé par des publics très variés : les tout petits en draisienne, les pratiquants de BMX, de roller, de skate ou de trottinette, quel que soit leur niveau, mais également de nombreux pratiquants occasionnels.

Derrière son apparente simplicité, le pumptrack est devenu un équipement technique à part entière, dont la réussite repose autant sur la qualité de la conception que sur la précision de sa réalisation.

Le principe de séparation entre conception et travaux connaît aussi des exceptions

Le Code de la commande publique prévoit un principe général de séparation entre la maîtrise d’œuvre et l’exécution des travaux.

Cependant, le législateur a également prévu plusieurs situations dans lesquelles le recours à un marché de conception-réalisation peut être justifié, notamment lorsque des motifs d’ordre technique rendent nécessaire l’association de l’entrepreneur aux études de l’ouvrage.

La conception-réalisation est donc un outil prévu et encadré par le Code de la commande publique, dont le recours doit être apprécié au cas par cas et dûment justifié par le maître d’ouvrage.

Un pumptrack n’est pas un simple terrassement sportif

Pour un œil non averti, un pumptrack peut sembler être une succession de bosses et de virages.

En réalité, il s’agit d’un ouvrage particulièrement sensible, où quelques centimètres peuvent modifier la vitesse, la fluidité, l’accessibilité, le confort d’utilisation et la sécurité des usagers.

Le comportement réel d’un pumptrack dépend notamment :

  • de la géométrie des profils (rayons de courbes, transitions…) ;
  • de la qualité des terrassements ;
  • de la gestion des eaux pluviales ;
  • des matériaux utilisés ;
  • et particulièrement de la qualité de mise en œuvre du revêtement.

Une piste bien dessinée n’est pas nécessairement bien réalisée. À l’inverse, même les meilleures équipes de réalisation ne peuvent compenser un mauvais design initial. La performance finale de l’équipement dépend donc directement d’un dialogue constant entre la conception théorique et la réalité de l’exécution sur le terrain.

Concevoir un pumptrack, c’est aussi comprendre la pratique. Concevoir un pumptrack demande une approche technique, mais aussi une compréhension fine des usages. Cette approche est essentielle pour un équipement destiné à être pratiqué quotidiennement. La compréhension du comportement réel des usagers est donc aussi importante que la maîtrise des techniques de construction.

Pourquoi certaines collectivités choisissent la conception-réalisation

Certaines collectivités choisissent aujourd’hui la conception-réalisation non par facilité, mais parce qu’elles recherchent :

  • une responsabilité technique globale via un interlocuteur unique ;
  • une continuité entre les études et le chantier ;

Soit une maîtrise renforcée du résultat final.

Dans ce type d’ouvrage, les ajustements réalisés pendant les travaux sont fréquents. La réalité du terrain, les contraintes hydrauliques, les niveaux finis, les raccordements avec l’environnement existant ou encore certains réglages de profils peuvent nécessiter des adaptations en cours d’exécution. Lorsque la conception et la réalisation sont totalement dissociées, ces ajustements peuvent devenir plus complexes à gérer.

La conception-réalisation permet alors d’assurer une continuité technique de bout en bout.

Bureau d’études intégré : une continuité entre conception et réalisation

De nombreuses entreprises spécialisées disposent aujourd’hui de bureaux d’études intégrés leur permettant d’assurer cette continuité.

Chez HTracks, notre bureau d’études travaille quotidiennement avec les équipes travaux.

Cette approche permet de rapprocher la conception théorique de la réalité du terrain, au bénéfice de la qualité finale de l’équipement.

En revanche, la qualité d’un projet ne dépend pas uniquement du type de marché. Aucune procédure ne garantit, à elle seule, la réussite d’un équipement. Un projet mal conçu peut exister aussi bien en conception-réalisation qu’en maîtrise d’œuvre séparée. Ce qui compte avant tout, c’est la qualité de la définition du besoin, l’expérience des intervenants, les compétences mobilisées et le suivi du projet.

Réduire le débat à une opposition entre une “bonne” et une “mauvaise” procédure serait donc une simplification excessive.

Une approche fondée sur la compétence et la transparence

Le débat actuel autour des marchés publics de pumptracks montre avant tout une chose : les collectivités attendent davantage de rigueur, de transparence et de sécurité juridique. C’est une évolution positive.

Chez HTracks, nous considérons qu’un projet réussi repose sur trois piliers fondamentaux :

  • la qualité technique ;
  • la sécurité juridique ;
  • l’intérêt des usagers.

Dans certains cas, une maîtrise d’œuvre séparée sera parfaitement adaptée. Dans d’autres, une conception-réalisation permettra d’assurer une meilleure cohérence globale du projet.La véritable question n’est pas de savoir quelle procédure serait systématiquement la meilleure, mais quelle procédure permettra de livrer l’équipement le plus performant, le plus durable et le plus adapté aux attentes de la collectivité et de ses habitants.

Chaque projet mérite une analyse spécifique. Chaque collectivité doit pouvoir disposer de l’ensemble des informations techniques, juridiques et opérationnelles nécessaires pour faire un choix éclairé.

Sources : art. L. 2431-1, L. 2171-2 et R. 2171-1 du Code de la Commande publique.